Arlon

KE024 Manufacture d'Arlon

Manufacture d'Arlon

1781-1803

B-6700 Arlon

Faïence stannifère blanche et brune, faïence fine

Assiette à décor peint fin 18e siècle, Manufacture d'Arlon, Musée National de la céramique Sèvres
Photo : © Christian Thévenin
 

Emile Decker

C’est en 1781 que la manufacture d’Arlon est fondée par Ignace Kryhuber, un peintre sur faïence ayant exercé son art à la manufacture de Septfontaines. Il s’associe pour réaliser son projet à un apothicaire, François Ernest Gebhardt. D’autres investisseurs viennent se joindre à eux : Jean-Baptiste Killer, greffier d’Arlon, Jacques Huber Thyes, négociant, et Jean-Sébastien Vaume, médecin à Bruxelles.

Le lieu choisi pour installer la fabrication est un bâtiment situé hors de la ville d’Arlon, près de la porte de Luxembourg ; l’édifice appartient à J.H. Thyes. Au bout de quelques mois, on transfère la faïencerie dans des casernes désaffectées, près de la Porte de Bastogne (1783). Dès 1784, les investisseurs obtiennent le titre envié de « Fabrique impériale et Royale ».

Afin d’améliorer leur production, ils cherchent à embaucher des ouvriers qualifiés ; ainsi accueillent-ils seize d’entre eux venant de la manufacture de Septfontaines qui sert à l’époque de modèle pour les entrepreneurs de Belgique, de Hollande et du nord de la Lorraine. Afin d’apaiser la crainte des habitants de voir la manufacture mettre le feu à la ville, une expertise des fours a lieu le 19 avril 1783.

En 1785, un incendie ravage la ville et l’usine, on reconstruit et on en profite pour rajouter un nouveau bâtiment. La gestion est faite à cette période par Sébastien Vaume, Kryhuber ayant quitté Arlon en 1784. Des difficultés financières apparaissent à cette période. Dans les années 1786-87, l’association des investisseurs connaît une crise de confiance et elle est dissoute après quelques mois ; un procès survient. A l’issue de ces événements, on voit Thyes reprendre seul la faïencerie en 1790 ; il décide de transférer à nouveau le lieu de production et choisit les bâtiments du couvent des Carmes. Il semble que deux fours se trouvent installés dans l’église même.

A cette époque, Thyes fait venir la craie depuis la Champagne, la terre de pipe des environs de Cologne, les terres ordinaires des environs d’Arlon, la soude d’Espagne, la mine de plomb de Hollande, le cobalt de Saxe. Il fabrique de la faïence stannifère blanche et brune et de la faïence fine. Le commerce se fait essentiellement en direction de la France, et les Pays-Bas.

La production d’Arlon à ces débuts reprend les motifs et les formes que la faïencerie de Septfontaines diffusait à cette époque : la brindille Chantilly, fines guirlandes Louis XVI mais aussi semis de bleuets monochromes, feuilles de chêne bichromes. Les marques sont de deux types : Arlon en manuscrit peint le plus souvent en bleu ou en creux.

En 1803, le propriétaire demande une subvention à l’Etat français pour faire face à des difficultés financières ; le ministre de l’intérieur lui répond que l’Etat ne subventionne que « ceux qui sont auteurs de découvertes, perfectionnement ou importent des procédés qui n’existent point sur notre territoire ». La production cesse vers 1803, la propriété (terrain et bâtiments) est vendue.

 


Sources


Genard, Guy 2004 : Ressemblances et différences dans les manufactures belgo-luxembourgeoises de terres de pipe des 18 et 19esiècles. Volume I. Les décors „Bouquets“ et „Trèfle“, Liège, 160 p

Pringiers, Baudhuin 1999 : Faïence et porcelaine en Belgique 1700-1881, Bruxelles, 208 p.

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