Royal Boch

KE026 Keramis Boch

Keramis Boch

1841-2011

B-7100 La Louvière

Faïence fine, grès, porcelaine

Usines de la Manufacture royale Boch en 2007
Photo : © Christian Thévenin
 

Emile Decker

La manufacture de La Louvière est une initiative de la famille Boch. Au moment où le Luxembourg est séparé de la Belgique en 1839 par le Traité des XXIV articles, et rejoint le Zollverein, Jean-François Boch, directeur de Septfontaines, décide de s’installer en Belgique pour conserver le marché et le réseau de vente qu’il avait réussi à y établir.

Le choix de la famille Boch se porte sur Saint-Vaast car le lieu est raccordé au chemin de fer, au canal de Charleroi et se trouve près des puits de mine qui exploitent le charbon. On achète les terrains nécessaires en 1841 pour y construise une usine et dès 1844 la production commence.

Victor Boch installé sur place dirige les travaux ; il dirigera l’usine jusqu’en 1881. Une Société « BOCH Frères » est créée cette année-là par trois industriels : Eugène BOCH, son frère Victor et Jean-Baptiste Nothomb leur beau-frère.

Assiette de Boch La Louvière vers 1880, coll. privée
Photo : © Christian Thévenin

Magasin d'usine, Royal Boch

On y adopte des fours à flammes renversées fonctionnant à la houille. Le site est dénommé Keramis en l’honneur des potiers athéniens de l’antiquité qui étaient considérés comme les pionniers de l’art de la Céramique. C’est dans cette filiation que les Boch souhaitent placer leur entreprise.

Les techniques mises en œuvre ont été largement éprouvées aussi bien à Septfontaines qu’à Mettlach, les investissements permettent d’y installer le matériel le plus moderne ; aussi le succès est-il rapidement acquis. 250 ouvriers y travaillent en 1852 ; en 1880, ils sont 600.

Les produits sont présentés aux grandes expositions nationales et internationales : Bruxelles en 1847, Paris en 1855, Londres en 1862, Paris en 1867 et Amsterdam en 1869. La partie de la commune de Saint Vaast où s’est installée l’activité céramique devient autonome en 1869 et prend le nom de La Louvière.

On fabrique de la faïence fine décorée le plus souvent de motifs imprimés à la manière anglaise ; de nombreux artistes gravent les plaques de cuivre nécessaires à cette technique. Leur reproduction par galvanoplastie à la fin du siècle rend ce travail moins difficile.

Victor Boch propose aussi à la clientèle des grès fins avec des décors naturalistes, modelés en relief, rapportés sur le corps des objets : vases, tabatières ou suspensions ; ils sont la plupart du temps rehaussés de filets platine ou or et de grès marqués d’un riche pastillage en relief. Dans le dernier tiers du 19e siècle, des artistes venant de Hollande proposent de nombreux décors dans le goût de Delft.

En 1892 apparaît la lithochromie permettant de réaliser en série des motifs polychromes. Au début l’usine adopte la technique de l’aérographe qui, utilisée avec les pochoirs permet de reproduire des décors simples en grande quantité. En 1904, on construit dans l’usine un des premiers fours tunnels d’Europe.

Théières, Royal Boch

L'usine détruite de Royal Boch en 2011
Photo : Geppetto

Après la Première Guerre mondiale, la manufacture se distingue par la qualité de ses productions artistiques dans le goût Art déco. Des artistes de renom s’appliquent à développer des émaux de très grande qualité.

Parmi eux, il faut citer Charles Catteau, le responsable du service de décoration. Il travaille dans l’entreprise de 1906 à 1954 et obtient en 1925 un premier prix à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes à Paris. Après son départ, la relève est prise par Raymond Chevallier qui vient de Longwy.

En 1974, la production de la vaisselle devient déficitaire et ce bilan négatif marque le début des difficultés de l’entreprise. En 1985, la société Boch Frères S.A. est mise en liquidation et on divise l’activité entre la partie Art de la table et fabrication de sanitaire. En 1989, un groupe industriel reprend la partie vaisselle sous l’appellation Royal Boch.

Les difficultés se poursuivent au début du 21e siècle, la liquidation de Royal Boch a lieu en février 2009, un repreneur bruxellois se présente en juillet de la même année mais il ne peut redresser la situation ; en avril 2011, le tribunal de commerce de Mons prononce la faillite et en février, on démolit les derniers bâtiments de l’entreprise.

 

Sources


Bragard, Eliane & Léopold 2009 : « Boch Frères Keramis, La Louvière » p. 19 à 28 dans Céramiques de l’Art nouveau en Belgique, Andenne, 128 p.

Lefèbvre, J. & Thomas, Thérèse. (dir.) 1991 : 150 ans de création et de tradition faïencières. Boch-Kéramis, La Louvière 1841-1991, La Louvière

Pringiers Baudhuin 1999 : Faïence et porcelaine en Belgique 1700-1881. Bruxelles, 208 p.

Thomas, Thérèse 1974 : Rôle des Boch dans la céramique des 18e et 19e siècles, Thèse de Doctorat d’Université. Liège : Institut Supérieur d’Histoire de l’Art et d’Archéologie, Sarrebruck

 

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