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Sites du patrimoine mondial de l’'UNESCO

 

Eva Mendgen

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Aujourd’hui, la Grande Région ne compte pas moins de douze sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO external link . Ils datent de différentes époques, de la Préhistoire jusqu’au début du 20e siècle, et appartiennent à différentes catégories.

Les monuments architecturaux et industriels font partie du patrimoine mondial culturel de la Grande Région au même titre que les places et villes entières, fortifications et paysages culturels.

Les sites du patrimoine mondial témoignent de la riche histoire européenne et sont le signe de la diversité culturelle exceptionnelle de la Grande Région. Sans oublier qu’ils sont d’une beauté pittoresque exceptionnelle.

Chacun des sites du patrimoine mondial est en rapport avec de nombreux autres monuments, tout en apportant son propre contexte, sa propre histoire et son propre système de coordination spatial, culturel et social. Ces dernières années, des aspects globaux et transnationaux ont progressivement donné lieu à un référencement d’ensembles de sites et de paysages culturels.

Carte : Patrimoine mondial de l'UNESCO

 

Carte : Patrimoine mondial de l'UNESCO

Eva Mendgen, Saarbrücken

Les treize sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO de la Grande Région
La Rhénanie-Palatinat compte quatre sites : la cathédrale de Spire / les monuments romains, la cathédrale Saint-Pierre et l’église Notre-Dame de Trèves / la Vallée du Haut-Rhin moyen / le limes de Germanie supérieure et de Rhétie. La Wallonie en compte cinq : les quatre ascenseurs du canal du Centre à La Louvière / les six beffrois de Wallonie / la cathédrale Notre-Dame de Tournai / les minières néolithiques de silex de Spiennes à Mons / Les sites miniers majeurs de Wallonie. En Lorraine, deux sites sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : les trois places baroques de la ville de Nancy / les fortifications de Vauban à Longwy. Le Luxembourg et la Sarre comptent chacun un site du patrimoine mondial, avec respectivement les vieux quartiers et les fortifications de la Ville de Luxembourg et l’usine sidérurgique de Völklingen.    

Porta Nigra, Trèves
Photo : © die argelola

Chronologie 1981–2008
Les villes les plus connues sont Spire, Nancy et Trèves, inscrites respectivement en 1981, 1983 et 1986 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO : la cathédrale monumentale allemande de Spire, l’une des pièces maîtresses de l’architecture romane, l’ensemble de places datant de l’époque du baroque tardif de Nancy et les neuf monuments architecturaux antiques et médiévaux de Trèves.

En 1994, l’usine sidérurgique de Völklingen (Sarre), la « Völklinger Hütte », est le premier monument industriel à être classé au patrimoine mondial. La même année, les vieux quartiers et les fortifications de la Ville de Luxembourg sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial. En 1998, un deuxième monument industriel, les quatre ascenseurs du canal du Centre de La Louvière en Wallonie, est classé site patrimoine mondial de l’UNESCO.

En 1999/2000, les six beffrois de Wallonie, formant un ensemble transfrontalier de 56 beffrois de Belgique et de France, sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. En 2000, la cathédrale médiévale de Tournai et les minières néolithiques de silex de Spiennes (Mons) en Wallonie viennent compléter la liste du patrimoine mondial. 

En 2002, en Rhénanie-Palatinat, la Vallée du Haut-Rhin moyen, tronçon du Rhin entre Coblence et Rüdesheim, et, en 2005, le Limes de Germanie supérieure et de Rhétie, faisant partie du « Lime germanique », long de 550 km, ou du patrimoine mondial transnational « Frontières de l’Empire romain » sont classés sites patrimoine mondial de l’UNESCO. 

En 2005, l’UNESCO complète le bien des beffrois en Flandre et en Wallonie de 23 beffrois des régions du nord de la France Nord-Pas-de-Calais et Picardie ainsi que du beffroi situé dans le village wallon Gembloux, le 33e beffroi belge. L’ensemble transfrontalier, qui s’appelle désormais « Beffrois de Belgique et de France », comprend au total 56 beffrois de l’ouest et du centre de la Belgique et des régions du nord de la France.

En 2008, Longwy est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre des douze fortifications baroques, situées le long de la frontière française, réalisées par l’architecte militaire français Sébastien Le Prestre de Vauban (1633–1707).   

2012 les houillères les plus importantes des bassins wallons ont été regroupées à un ensemble classé patrimoine mondial (Grand Hornu external link à Boussu, Bois du Luc external link à Houdeng-Aimeries près de La Louvière, Bois du Cazier external link à Charleroi et Blegny mine près de Blegny) : Les sites miniers majeurs de Wallonie.

Liste d’attente (liste indicative)
D’autres propositions d’inscription à la liste du patrimoine culturel ont été soumises à l’UNESCO : en 1993, le Grand-Duché de Luxembourg a proposé pour inscription la ville et le château de Vianden external link, ville historique la mieux conservée du Luxembourg. 

D’autres villes s’efforcent aussi pour que leurs biens soient inscrits sur cette prestigieuse liste : sur le site Web de la ville de Metz on peut lire que le Quartier Impérial external link, datant de l’époque de l’empereur allemand Guillaume II, a été proposé par la municipalité à l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Fortifications de la Ville de Luxembourg et le rocher du Bock
Photo : © LCTO

Proposition et gestion
La proposition d’inscription est une initiative nationale. Le pays soumet le futur site classé patrimoine mondial situé sur son territoire au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO à Paris. Après la soumission de la proposition, une équipe internationale, composée de scientifiques et d’experts (notamment des conservateurs de monuments), agissant dans le cadre d’une OGN, établit un rapport concernant la valeur universelle et les risques existants ou possibles (et évitables).

Ce « Conseil international des monuments et des sites » (ICOMOS external link) fournit ensuite au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO une évaluation conforme aux directives et aux normes élaborées et publiées par le comité. Ces directives et normes permettent de garantir l’intégrité et l’utilisation appropriée d’un site du patrimoine mondial.

Beffroi de Mons
Photo : cc Jean-Pol Grandmont

D’une part, un site classé patrimoine mondial apporte prestige et notoriété à son pays, d’autre part, gérer un bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial entraîne de nombreuses obligations.

Selon la structure administrative de l’État partie, la gestion d’un site classé patrimoine mondial est une initiative nationale ou régionale et représente toujours un défi, notamment si l’ampleur et la complexité du site du patrimoine mondial dépassent les capacités financières et structurelles de l’institution publique ou privée locale compétente.

Le Comité du patrimoine mondial se rend régulièrement sur site pour contrôler si l’authenticité du bien inscrit sur la liste du patrimoine mondial est assurée au fil des ans. Il exige également un rapport sur le respect de la convention de l’UNESCO.

Si l’authenticité initiale n’est plus assurée, si aucun plan de maintenance convaincant n’existe, le bien en péril peut être inscrit sur la « liste rouge » et dans le pire des cas rayé de la liste du statut de patrimoine mondial de l’UNESCO (voir l’exemple de Dresde).

Programme du patrimoine mondial
Malgré ses directives strictes, le programme du patrimoine mondial est jusqu’aujourd’hui le programme de l’UNESCO qui connaît le plus de succès. En 1972, la communauté internationale a adopté sa« Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel » external link, ratifiée à Paris par 187 États parties. 

En 2010, 900 sites culturels et naturels du monde entier étaient inscrits sur la liste du patrimoine mondial, régulièrement actualisée et publiée sur le site Web de l’UNESCO. Les directives et les rapports d’environ sept pages rédigés en anglais et en français par l’ICOMOS ainsi que les résumés en anglais, français, arabe, russe et chinois portant sur les biens y sont également publiés.

Relations
À première vue, les sites classés patrimoine mondial présentent, dans leur ensemble, de nombreuses relations artistico-culturo-historiques, même si des recherches détaillées n’ont pas encore été effectuées. 

Ainsi, le modèle de la Place Stanislas à Nancy a largement influencé la réalisation des projets urbains et l’aménagement des places au sein de la Grande Région. Les cathédrales de Trèves, Tournai et de Spire sont étroitement liées à deux autres sites du patrimoine mondial avoisinants, à savoir la cathédrale d’Aix-la-Chapelle au nord et la cathédrale de Strasbourg au sud, mais aussi aux cathédrales de Metz, Toul et de Luxembourg. Chacune de ces cathédrales constitue une véritable « œuvre d’art totale européenne », non seulement en termes d’histoire de l’art et de l’architecture.

L’une des principales caractéristiques de la Grande Région est sa culture industrielle vieille de centaines voire de milliers de siècles, dont ne témoignent pas moins de trois biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial (Spiennes, La Louvière et Völklingen).

Ancienne usine sidérurgique de Völklingen, complexe des hauts-fourneaux
Photo : © N. Mendgen
 
 

L’usine sidérurgique de Völklingen (Völklinger Hütte) est d’une grande importance dans ce contexte : la reconnaissance du complexe sidérurgique de Völklingen en tant que plus jeune monument et, par la même occasion, premier monument industriel à être inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1994, a non seulement posé des jalons sur place, mais a également fait sensation dans le monde entier. Elle est aussi la preuve d’une collaboration fructueuse de spécialistes au niveau national et international.

Des relations historiques, sociales et économiques étroites existent également entre l’usine sidérurgique de Völklingen et les monuments industriels avoisinants de la Lorraine, du Luxembourg et de la Wallonie.

Cathédrale de Spire
Photo : © Alfred Hutter

La Grande Région, un espace culturel
Si l’on définit la Grande Région comme une « région urbaine » interculturelle et non pas comme un conglomérat d’espaces frontaliers orientés national, ses trésors culturels, dans leur ensemble, gagnent en importance.

Les douze sites classés patrimoine mondial représentent des époques et des catégories essentielles, il ne reste plus qu’à tirer ensemble profit de cette situation.

En 2010, dans le cadre d’une initiative de la chancellerie de la Sarre via le réseau culturel regiofactum pour l’Association Espace culturel Grande Région, à l’occasion de la présidence sarroise du sommet de la Grande Région, les sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de la Grande Région ont été pour la première référencés et présentés dans leur ensemble. Une initiative qui a permis de jeter les bases. 

Une deuxième étape consisterait dans l’approfondissement de la recherche transfrontalière, notamment en matière d’histoire artistique, culturelle et économique, entre autres afin de conférer à un éventuel tourisme culturel une base solide et ses principales caractéristiques.

 

Tourisme culturel
La communication et la « mise en relation » des biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de la Grande Région sur un niveau européen s’imposent. Car où, sinon au cœur de l’Europe, pourrait-on vivre l’histoire culturelle européenne en peu de temps et de manière claire et authentique ?

Les objectifs et les normes de qualités doivent être définis ensemble, une stratégie commune pour un tourisme culturel solide, se basant sur les sites classés patrimoine mondial « phares » doit être développée, des partenariats stratégiques entre États parties, organisations et agences, fondateurs, donateurs et groupes d’intérêt doivent être formés, tel qu’il est suggéré dans le Guide du patrimoine mondial des commissions allemande, autrichienne, suisse et luxembourgeoise pour l’UNESCO. 

 

Sources


Deutsche UNESCO-Kommission 2009: Welterbe-Manual. Handbuch zur Umsetzung der Welterbekonvention in Deutschland, Luxemburg, Österreich und der Schweiz. Hrsg. von den UNESCO-Kommissionen Deutschlands, Luxemburgs, Österreichs und der Schweiz. Bonn

UNESCO: Übereinkommen zum Schutz des Kultur- und Naturerbes der Welt, Deutsche Übersetzung im Bundesgesetzblatt, Jahrgang 1977, Teil II, Nr. 10.

Langner, Christina 2006: Die Natur- und Kulturwunder der Welt, Alle Natur- und Kulturstätten der UNESCO-Welterbeliste, wissenmedia Verlag

Mendgen, Eva 2010: Die Großregion entfaltet sich: Welterbestätten in der Großregion / la Grande Région s’affiche: Patrimoine Mondial en Grande Région, Kulturraum Großregion, regiofactum, Saarbrücken, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. , Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .

UNESCO (Hrsg.) 2009: World Heritage Sites: A Complete Guide to 878 UNESCO World Heritage Sites

Liens externes 


Deutsche UNESCO-Kommission e.V. : Welterbe-Manual external link pdf

International Council on Monuments and Sites, ICOMOS external link

Office de tourisme de Metz : Le Quartier Impérial external link

UNESCO : Convention du patrimoine mondial de l'UNESCO external link

UNESCO : Liste du patrimoine mondial external link