Montefibre

TE021 Montefibre / DMC


Montefibre / DMC

1966-2000

F-88200 Saint-Nabord

Usine de textiles synthétiques

L’ancien site Montefibre / DMC de Saint-Nabord : une reconversion ratée
Figure extraite de : EDELBLUTTE S. (2010), Paysages et territoires de l’industrie en Europe : héritages et renouveaux, Paris, Ellipses, 272 p.
 

Simon Edelblutte

L’usine de textiles synthétiques Montefibre est construite en 1966 pour relayer les usines textiles vieillissantes des hautes vallées, souvent en cours de fermeture dès les années 1960. Usine moderne installée dans la vallée principale sur une nouvelle zone industrielle, plane et bien reliée aux axes de communication, son sites est donc bien différent des anciens sites textiles vosgiens, plutôt enclavés à grande comme à petite échelle. L’usine est à l’origine de la construction des dernières cités ouvrières du Massif vosgien, 46 logements situés tout près de l’établissement.

Elle bénéficie de nombreuses aides, venant de l’État, de la CEE et des collectivités locales. Cette grosse unité emploie plus de 1 000 personnes mais, installée juste au moment où les débouchés textiles coloniaux se tarissent et où la concurrence de pays à bas coûts de main-d’œuvre commence, l’usine ne fonctionne correctement qu’une dizaine d’années ; elle survit jusqu’en 1982, date à laquelle elle ferme définitivement. Les machines sont démontées en 1986 et 4 millions de Francs sont investis dans la réhabilitation des bâtiments. Une entreprise textile locale (Dolfuss Mieg et Compagnie – DMC) rachète la friche (bâtiments et terrains alentour) en 1987, mais n’en réoccupe qu’une partie. Le reste est peu à peu cédé, au coup par coup, à partir de 1987 et jusque dans les années 1990, sans plan d’ensemble.

Le site devient alors de plus en plus tertiaire et accueille deux transporteurs routiers, une association de formation professionnelle, un Centre d’Aide par le Travail (CAT) et une usine fabriquant des emballages en bois. Ces établissements emploient (DMC compris) plus de 500 personnes, mais le problème est qu’un tiers de la friche (comprenant 8 800m² de bâtiments et 30 000m² de terrains vierges) reste inoccupé. La multiplicité des propriétaires et surtout leur arrivée progressive, au coup par coup, laissent ce nouvel espace d’activités en piteux état (sans éclairage public, avec une voirie détériorée). Enfin, en proie à des difficultés croissantes, le groupe DMC licencie à partir de 1999 et finit par fermer en 2000, laissant depuis une partie des bâtiments abandonnés.

L’ancien site industriel de Montefibre est donc devenu un patchwork de PME tertiaires et industrielles et de friches bâties ou non ; sa reconversion est freinée par la présence, à proximité immédiate, de nouvelles ZI/ZA bien équipées et gérées de façon cohérente.